Travel photography Book,Inspirational taoist poems,Woman traveling alone,Tuina Massage in Beijing,Journey into the Soul,Nicolette Vajk
Home  PageBooksChinaCambodia
PhotosInterviewMorocco
  COSTA RICA Français  

 

 

 

 

cr.manuel antonio w iguana.3.3x2.5.jpg

 

 

 

english flag copy3.jpg

 

 

 sp flag.gif

 

 

MONTEVERDE

 

Mon premier arrêt était dans la forêt nuageuse de Monteverde. Le canopy tour, qui a commencé ici, était très amusant. J'ai glissé sur des câbles au-dessus des cimes des arbres, et les câbles étaient de longueur et inclination variables. Quand j'allais vite, c’était moins évident de freiner. Mais une fois que j’ai compris que le frein n’était pas simplement dans la poignée de main mais plutôt dans le fait de mettre tout mon poids sur ma main, j’étais plus à l’aise. L'oscillation de Tarzan était encore plus terrifiante. Alors que je plongeais dans le vide, accrochée à une corde, j'ai senti mes entrailles tomber dans mon ventre comme un paquet du sable. Quand ils m'ont attrapé sur la première oscillation, ils m'ont fait tourner dans l’autre sens, ce qui m’a fait hurler. A la prochaine oscillation ils m'ont fait tourner dans l'autre sens et j'ai juré de plus belle. Maintenant je sais pourquoi Tarzan rugissait, un mélange de sensations fortes et d’effroi! J’ai mis un moment pour retrouver mes sens après le tressaillement...

 

J'avais des compagnons dans ma chambre; une famille entière des guêpes. Il devait y en avoir une douzaine, empilées les unes sur les autres, dans un coin au-dessus de ma porte. Quand j’en ai parlé à la réception, elle m'a dit de ne pas m'inquiéter parce qu'elles n'étaient pas agressives. Tant qu’elles restaient là où elles étaient, ça pouvait aller. Mais lorsque l'une d'entre elles s’est aventurée près de mon lit lorsque j'étais sur le point de m’endormir, j’ai eu peur qu'elle décide de faire sa toilette sur mon oreiller. Ma réaction l’aurait sûrement agressée. Heureusement rien ne s'est produit et j'en étais soulagée. Quant aux cafards je tolérerai qu’ils vivent avec moi tant qu'ils n’essayent pas de grimper dans mon lit. C’est là que je pose mes limites. S'ils essayent, je les gifle. Passez le mot : Nico ne couche pas avec des cucarachas ok?

 

La première fois que j'ai visité l'étang de grenouilles, il faisait nuit et le guide les cherchait avec une lampe de poche. Les amphibiens se cachaient dans les feuilles et utilisaient leur couleur comme camouflage. Il y avait beaucoup de variétés; les grenouilles venimeuses avaient tendance à avoir des couleurs plus vives comme le rouge ou vert clair avec des taches. C'est leur couleur éclatante qui prévient les prédateurs de prendre garde. Le poison sort par leur peau quand elles ont peur. Donc, qu’est-ce qui se passe quand vous tenez une grenouille venimeuse dans votre main ? Puisqu'elle a le sang froid et nous avons le sang chaud, elle commencera à surchauffer dans votre main, puis elle transpirera, et enfin le poison s'infiltrera hors de sa peau. Si vous avez une blessure à la main, vous allez avoir de gros ennuis. Autrement, assurez-vous de ne vous touchez ni les yeux ni la bouche avec cette main. Le poison de ces grenouilles était utilisé sur les flèches par les indigènes lorsqu’ils chassaient.

 

Il y a des grenouilles maternelles et d’autres qui mangent leurs petits. Quelques grenouilles ou crapauds pondront jusqu'à 25 000 oeufs, ceux-ci sont susceptibles de manger leurs propres bébés. D'autres espèces pondront seulement quelques oeufs, dans ce cas elles essayeront de les protéger. Certaines grenouilles sortent des oeufs complètement développées tandis que la plupart sont d’abord des têtards. L'avantage d'aller à l'étang de grenouilles est que vous êtes garanti de les voir tant que vous avez la patience et vous pouvez comprendre leur tactique de camouflage. C’est étonnant comment elles peuvent se confondre à leur entourage. Et c'est un sacré exercice pour les yeux d’essayer de les trouver. La première fois que j’y suis allée, le guide était là pour m’aider à les trouver. La plupart des grenouilles sont actives la nuit et j'étais étonnée de découvrir que leurs croassements sont complètement différents de ceux que je connais. Quand je suis retournée le jour suivant, ils m'ont donné une lampe de poche et j'étais toute seule pour les trouver. La plupart d'entre elles dormaient et c’était plus difficile les trouver mais avec beaucoup de patience, j'ai réussi à démasquer la plupart d'entre elles.

 

LE VOLCAN ARENAL

 

Sur la route de La Fortuna, il y avait une bande de vautours au bord du lac. J'ai demandé au conducteur pourquoi il y en avait tellement. Il m’a expliqué que à cause de la pluie, les éboulements de terrain avaient provoqué une vague qui a noyé environ une douzaine de vaches qui pâturaient sur le rivage. Les vautours se préparaient à un festin.

 

La première chose que j’ai fait en arrivant à mon hôtel, était de réserver une ballade à cheval pour voir les cascades. Je suis tombée amoureuse...d’Apache. ça faisait longtemps que je ne montais plus à cheval et je n’étais pas sûre de pouvoir assurer. On m’a donné un cheval charmant et docile mais qui avait tout de même une personnalité. J’étais seule avec mon guide de quatorze ans, Alonso. La première chose qu’Apache a faite quand je suis montée sur lui était d’essayer d’entrer dans la maison. Je suppose qu’il pense qu'il est une personne et non un cheval. Ensuite le cheval d'Alonso s’est mis à galoper vers l'écurie. Le propriétaire des chevaux nous a remis sur la route, et le reste de la ballade s’est passée sans problèmes. Alonso restait toujours en arrière pour garder un oeil sur moi et Apache accélérait à chaque fois que l'autre cheval s’approchait trop de lui. Il n’aimait pas être dépassé. Mon cheval a souvent galopé et j'ai dû relaxer mes hanches pour accompagner son mouvement. Je l’ai laissé galoper autant qu’il le voulait, mais si une voiture approchait ou la route devenait bétonnée, je reprenais les rênes. Il était très sensible à mes signaux et m’obéissait. C’était la première fois que je ressentais une parfaite maîtrise de mon cheval. Il n'y avait pas de professeur pour me dire quoi faire, ni effrayer mon cheval, ni m’obliger à monter un cheval que je n’aimais pas. Je pouvais ralentir ou accélérer quand j’en avais envie et Apache était en symbiose avec moi. Quel bonheur ! Bien que j'aie eu une bonne formation pendant mon adolescence, j'ai fini par arrêter parce que j’avais toujours mal au ventre la veille de mon cours d'équitation. Apache m'a révélé un nouveau concept d'équitation que j'appréciais bougrement.

 

Après l'excursion au dessus des arbres, les randonnées dans la forêt nuageuse et ma cavalcade à cheval, j’étais prête pour un bain chaud dans les sources thermales de Tabacón. L'eau qui bouillait au sommet du volcan, refroidissait au fur et à mesure que l’altitude baissait. Il y avait des bains de températures différentes dans lesquels on pouvait tremper. L’un d’eux était comme un Jacuzzi, et un autre avait une chute d'eau sous laquelle on pouvait s’asseoir. J'ai obtenu des massages incroyables de ces deux derniers, et bien que l'endroit soit très cher, c’était finalement un massage bon marché. Je pouvais à peine marcher quand je suis entrée dans la station thermale, tellement j’avais mal aux mollets, mais j’en suis ressortie en pleine forme. Deux jours plus tard je suis allé aux sources thermales de Baldi qui sont beaucoup moins chères que celles de Tabacon. Il y avait des piscines de différentes températures mais pas de rivière qui coulait comme à Tabacón. La  musique disco me cassait les oreilles, ce qui pour moi allait à l’encontre d’une station thermale. Mais alors comme beaucoup de costaricains viennent ici, c’est peut-être ce qu'ils aiment. Ce que j’ai vraiment savouré était le parfum envahissant du ylang-ylang qui embaumait les sentiers qui menaient d’une piscine à l’autre. J’ai appris plus tard qu'il y avait seulement trois arbres sur la propriété mais le parfum était si fort que l'arôme pouvait être perçue sur une grande surface.

 

Il y a un volcan près de La Fortuna, le volcan Arenal. Il est encore en activité et les nuits étoilées on peut voir des minis irruptions et la lave qui coule. J'étais là pendant trois nuits et la plupart du temps, le volcan se cachait derrière des nuages. Une nuit, j’ai réussit a trouver un voiture pour me déposer à un observatoire. La voiture allait me reprendre vingt minutes plus tard, ça me semblait parfait. Je ne voulais pas attendre une heure et demi pour la prochaine navette. La synchronisation s'est avérée être parfaite. Le ciel scintillait d’étoiles, les grillons chantaient des chansons d'amour et il y avait des amoureux derrière moi. Tandis que j'attendais, suivant un grondement, j'ai vu la crête pourpre du volcan et plusieurs filets de lave rouge débouler. C’était presque comme des feux d'artifice sauf qu'ils étaient monochromes et au lieu d’exploser vers le haut, ils se déversaient seulement vers le bas. Le spectacle était magique. Puis les nuages ont recouvert le volcan, comme les rideaux d’une scène de théâtre qui se referment à la fin d’une représentation. La voiture est revenue me chercher juste à ce moment là.

 

Le jour suivant, j'ai fait une excursion du volcan, nous avons marché jusqu’au mirador (point de vue) mais il pleuvait et il y avait plusieurs groupes qui parlaient très fort et qui étaient franchement désagréables. Je pense que le volcan a décidé de faire la grève ou alors les rideaux ne se sont jamais ouverts. On n’a pratiquement rien vu. J’avais eu tellement de chance la veille. Par contre j’ai vraiment savouré la promenade dans la forêt tropicale qui menait au mirador.

 

PARC NATIONAL DE MANUEL ANTONIO

 

Bien qu’on m’ait conseillé d'éviter le parc national de Manuel Antonio, j'ai décidé d’y aller car c’était sur la route de ma prochaine destination et je ne le regrette pas! Il est absolument magnifique! Si on y va pendant la saison des pluies, ça vaut vraiment le déplacement. Evidemment l’amateur de mer que je suis a trouvé son paradis. En marchant sur la plage, il y avait à ma gauche le grondement des vagues, à ma droite, des grillons chantant dans les palmiers, devant moi, le coucher du soleil multicolore, et derrière moi, les ravissants îlots du parc national de Manuel Antonio. Après une longue promenade sur le sable, j'ai trouvé un restaurant qui était littéralement sur la plage et j’ai dégusté un poisson exquis à la española que j'ai dû partager avec les moustiques. J'ai mangé le poisson et les moustiques se sont régalés sur mes jambes.

 

En retournant à l'hôtel, j'ai été comblée par un prodigieux concert de grenouilles sur la laguna (petit lac). C'était un acapella d’au moins de cinq voix différentes que je pouvais discerner. Il y avait des crickets, des grenouilles, des geckos. Dans l’arrière-cour de mon hôtel, un autre concert de grenouilles se produisait. Je l’absorbais avec tout mon corps. J’aurais aimé avoir un magnétophone... En ajoutant les timbres de voix différentes, ça donnait à peu près ceci :

 

awatawatawatawatawatawatawatawatawatawatawatawatawtawata (choeur de grenouilles)

crrr  crr  crrr  crrr  crr  crr  crr  crr  crr  crr  crr  crr  crr crrr  crr  crr crrr crr crr       (crickets)

tutu                 tututututu                          tutututu                             tututututu   (gecko)

tss-toiiing!                              tss-toiiinggg!                      tss-toiiiiing!   (grenouille soliste)

Ajoutez à ceci la berceuse du ruisseau, et vous vous retrouvez avec une symphonie !

 

Je suis finalement restée deux nuits à Manuel Antonio et le matin de mon départ, le soleil m'a accueillie tandis que je déambulais vers une plage isolée. Je me suis imprégnée du charme de ma cachette secrète pendant que je l'avais pour moi toute seule. Le luxe suprême ! Alors que je me dépêchais pour retourner à mon hôtel avant midi, j'ai vu des touristes arriver avec leurs maillots de bain et serviettes. J’avais eu tellement de chance de pouvoir savourer mon petit nirvana en solitaire.

 

J'ai pris le bus pour Domenical qui devait prendre deux heures pour voyager les quarante quatre kilomètres de route rocailleuse. Les routes de Domenical étaient pleines de boue et de flaques d’eau, et je ne pouvais pas trouver une chambre à un prix raisonnable. La fille à l’auberge de jeunesse était tellement odieuse que j'ai décidé laisser tomber mon excursion à cheval pour voir les plus belles cascades de Costa Rica. Je suis donc allée à Uvita où j’étais sûre de trouver une chambre pas chère. Mais de là, l'excursion pour voir les baleines n'était pas disponible avant trois jours. Je suis resté une nuit et j’ai continué ma route vers Puerto Jiménez, un voyage de sept heures avec trois autobus différents. Les chauffeurs de bus étaient toujours plaisants, me disant quand descendre et où attraper le prochain bus. J’ai eu la chance de ne jamais devoir attendre longtemps pour mes correspondances.

 

Un garde forestier du parc national de Corcovado, dont le travail était de protéger le parc contre les chasseurs et les chercheurs d'or, s'est assis à côté de moi et m'a donné des conseils pour ma randonnée au camp de La Sirena. Orlando (c’était son nom) m'a expliqué que quand le fleuve était profond, il fallait parfois porter son sac au-dessus de la tête pour le traverser. Mais il ne m’a pas prévenue (ou alors je n'ai pas compris) de la force du courant, et j'ai fini par l’apprendre le fait accompli. Sa description de la longue promenade de huit heures dans les sentiers boueux me donnait des noeuds à l’estomac, mais j'avais vraiment envie de la faire, j'étais attirée par le défi. Sur la route de Puerto Jiménez, nous avons passé quelques collines au bord de la route, ravagées par la pluie et les éboulements de terrain. La route venait juste d’être rouverte après avoir été bloquée pendant presque deux semaines. Et ce n’était pas des trous dans la route, mais des cratères remplis d’eau. Il m’était beaucoup plus facile de me détendre en tant que passagère que si j’avais dû conduire. L'autobus conduisait lentement et chaque bosse donnait un massage à mon corps fatigué. Orlando m'a souhaité bonne chance en me quittant alors qu’il était fort possible que nous allions nous revoir à La Sirena.

 

PARC NATIONAL DE CORCOVADO

 

Puerto Jiménez est une petite ville tranquille, le point d’entrée au parc national de Corcovado des backpackers. J'avais lu que je devrais m’attendre à beaucoup d'humidité  et de moustiques ; les deux étaient en abondance. Il y avait plein de petits hôtels propres et bon marché et j’ai passé la journée à organiser mon voyage à Corcovado. J'ai dû réserver une tente au camp de La Leona pour la première nuit, et à La Sirena les deux nuits suivantes. J’ai acheté un billet d’avion pour San José de Puerto Jiménez afin d'avoir un peu de temps pour voir la côte des Caraïbes avant de retourner chez moi. J'ai également dû acheter une moustiquaire, faire laver mon linge, lire mes emails... Le lendemain matin un colectivo (autobus public) nous a conduits à Carate qui était à quarante cinq minutes de marche jusqu’à l'entrée du parc.

 

On était sept dans le colectivo mais à part moi, tous les autres allaient directement à La Sirena. Bon, me suis-je dit, peut-être que d’autres allaient venir le jour suivant pour que je n'aie pas à marcher seule. Quand nous sommes arrivés je leur ai dit de ne pas m'attendre parce que j'étais si lente. Je ne voulais pas les retarder. Je voulais manger un morceau avant de me mettre en route. Grosse erreur ! Il y avait un fleuve à croiser et j'ai sous-estimé le courant. J'avais vu au loin qu'ils avaient déjà traversé le fleuve, j'ai suivi leurs pas... et suis tombée dans l’eau! Avec mon sac a dos et mes appareils photo ! Mes adducteurs (muscles intérieurs des cuisses) étaient en grève depuis mon excursion à cheval et mes jambes n'étaient pas assez fortes pour résister au courant. J’étais dans l’eau jusqu’aux cuisses. Par miracle, que j'attribue à mes anges gardien, j’ai réussit à me relever avant d’être emportée jusqu’à la mer. Par un autre miracle, peu d'eau était entrée dans mon sac de photos et mes deux appareils étaient encore en état de fonctionnement. J'ai dû faire sécher toutes mes affaires quand je suis arrivé camp de La Leona mais il fallait surtout que je me repose. J'ai dû soigner ma jambe blessée et boire beaucoup d'eau pour récupérer du choc. Reinaldo, le directeur du camp, m'a donné du baume de camphre pour frotter sur mes jambes, mais il m’était impossible de rester en place. J'ai essayé de m’allonger dans le hamac faisant face à la plage mais j'étais trop agitée.

 

Alors que j’enfourchais encore une autoroute à six voies de fourmis rouges, portant des feuilles dans une direction et zigzaguant dans l'autre, j'ai décidé d’essayer enfin de comprendre leur histoire. Leur parcours était si long que je ne pouvais jamais voir la fin, mais ce jour-là, j’allais avoir le temps de faire mes recherches. Ainsi sur une extrémité elles étaient dans les buissons taillants des feuilles et Manuel, un employé du camp, m’a expliqué qu'elles transportaient les feuilles jusqu’aux fourmilières (naturellement je ne pourrais pas voir à l'intérieur) et les empilaient pour les faire fermenter et ainsi obtenir un jus qui les nourrissait. Les fourmis ne cessent jamais de travailler et elles travaillent vraiment dur. Je suppose qu'elles feraient de bonnes employées si  j’en avait besoin.

 

J'étais coincée, dans ce beau camping avec vue sur la plage, incapable de me reposer et avec l’interdiction de nager à cause des lames de fond. Une ballade n'était pas non plus une bonne idée et je n'avais rien à lire. Finalement Geiner, un employé du camping voisin plus chic est venu me tenir compagnie. Il disposait de deux heures de repos avant de retourner travailler. Nous avons décidé d'aller faire une petite ballade en haut de la colline pour voir une vue panoramique. Il y avait plusieures grenouilles vénéneuses vertes et noires dans les bois, elles étaient si mignonnes ! Geiner a proposé de m’accompagner pour voir les tortues après avoir terminé son travail. Les tortues de mer viennent sur la plage la nuit pour pondre leurs oeufs et les enterrer dans le sable. Malheureusement il y a des braconniers qui essayent de les voler pour les vendre aux gens qui croient que ces oeufs ont des qualités aphrodisiaques. Les oeufs sont également vulnérables aux prédateurs comme les coatis, les ratons laveurs, les crabes et les coyotes. Dans les parcs nationaux comme Tortuguero, les oeufs sont déterrés et gardés dans un endroit sûr jusqu'à ce qu'ils soient prêts à éclore. Au moment venu, ils seront mis sur la plage pendant la nuit. Comme la lumière vient des vagues de l'océan, les tortues phototrophes se dirigent naturellement vers la mer, ce qui est essentiel pour leur survie.

 

Comme j’étais la seule au camping de La Leona ce soir là, les employés m'ont invitée à me joindre à eux pour célébrer l'anniversaire de Mercedes (la cuisinière) avec un Cabernet Sauvignon (qui n’était pas dans une bouteille mais dans un carton). Ils ont grillé du porc mais je ne pouvais même pas le goûter parce que j'avais déjà dîné. Ils m’ont raconté des histoires de touristes emportés par les vagues, mangés par des requins ou morts de déshydratation parce qu'ils n'ont pas voulu boire l'eau de la rivière. Ils m'ont dit que j'étais muy valiente (très courageuse) de faire cette randonnée seule. Je n'avais pas l’intention de retourner sur mes pas, même avec ma jambe blessée. Je n'avais aucune idée de ce qui m’attendait. Reinaldo m'a montré des crapauds qui traînaient dans le camping, ils n'étaient pas timides. Quand Reinaldo a posé son pied sur l'un d'entre eux, il n'a pas bronché. Un peu plus tard il m'a appelé pour venir voir un autre animal. Oui bien sûr, un autre crapaud ! Non, avec son pied, il l'a poussé dans le caniveau (plop) et m'a montré un grand crabe pour lequel il avait déposé de la nourriture. Pourquoi les crabes marchent-ils de travers? Parce qu'ils doivent toujours faire face à leur ennemi, ils ne leurs tourneront jamais le dos (et je suppose qu’ils ne peuvent pas marcher en arrière). Et pourquoi Reinaldo a-t-il donné un coup de pied au crapaud? Parce qu'il vient toujours dans le salon sans être invité. Quand Geiner est arrivé à 20h30, je tombais de sommeil, et comme la marée était haute, nous allions devoir attendre un moment avant que les tortues ne viennent sur la plage. J'ai fini par laisser tomber l'idée de voir les tortues comme j'avais une longue journée devant moi: une randonnée de dix-sept kilomètres.

 

Le matin suivant, je suis arrivé à l'entrée du parc et on m’a à nouveau dit que j'étais courageuse de faire cette marche toute seule. Une fois de plus, j'ai ignoré l'avertissement, convaincue que mes anges gardiens allaient me protéger. Le garde m’a expliqué que je devrais traverser deux fleuves (gloups!), que certains des sentiers étaient dans la forêt, et que parfois je devrais marcher sur la plage. Il y avait un endroit sur la plage où je devrais attendre que la marée baisse, si les vagues frappaient la roche. Et arrivée au Rio Claro, je devrais longer le fleuve pour trouver une bouée qui allait m’indiquer le meilleur endroit pour traverser. Il m’a souhaité bonne chance et je me suis mise en route, dépassant rapidement un couple qui était là pour la journée, ils n’allaient pas à La Sirena. J’ai appris plus tard que, deux heures après mon départ, ils ont fermé le parc et n’ont plus laissé les gens entrer à cause de la pluie.

 

Je suis bientôt arrivé au Rio Madrigal et j’ai choisi d'attendre le couple qui marchait derrière moi pour traverser le fleuve avec eux. Je les ai observés pendant qu'ils négociaient le meilleur endroit pour croiser. Il proposait un endroit pour traverser mais elle faisait non de la main, ce n'était pas une bonne idée. Il a jeté des pierres dans l'eau. Ça montre la profondeur de l'eau? Un peu plus loin il mis son pied dans l’eau et sa jambe entière a disparu, elle l'a aidé à ressortir. Il a montré d’autres possibilités, elle a indiqué qu’il n’en était pas question ! Je me suis demandé si le fait que je lui ais dit que j'étais tombée dans le fleuve précédent l'avait rendue plus prudente. Finalement ils ont traversé à un endroit dont la profondeur arrivait au dessus du genou mais le courant était tout de même assez fort. Quand ils ont atteint l'autre rive, je leur ai demandé de m'aider à traverser. Mais bien sûr ! Il m’a prise par la main, et elle a pris une photo de nous avec un grand sourire de complicité. Merci à tous les deux !

 

J'ai continué d’un pas sûr et il s’est bientôt mis à pleuvoir. J'ai rencontré deux filles qui venaient de la Sirena, elles étaient trempées, elles n’avaient ni imperméable ni parapluie. Elles marchaient depuis cinq heures, et moi depuis trois heures dans l’autre sens. Il était 11 h, en ajoutant cinq heures je devrais arriver à la Sirena à 16 h, avant le coucher de soleil qui était à 17h. Comme il pleuvait des cordes, j'ai décidé de m’abriter sous une roche et profiter du paysage. Je me suis bientôt rendu compte que la pluie n'allait pas s'arrêter, je me suis donc remise en route. J'ai repéré un faucon trempé sur une branche et je voulais le prendre en photo. Mais il s’est vite envolé. En me retournant j'ai vu quatre silhouettes marchant sur la plage, elles m’ont vite rattrapée et Orlando était l'une d'entre elles. Mon chevalier servant était arrivé ! Pas un, quatre ! Mais si j’allais marcher avec eux, j'allais devoir accélérer, donc Orlando et Placido ont allégé ma charge en prenant mes affaires plus lourdes. Nous avons marché surtout sur la plage parce que les sentiers dans la forêt étaient inondés et boueux. C’était dur et en plus j’avais des ampoules aux pieds. Placido est resté avec moi pendant que je prenais une pause et Orlando nous attendait plus loin. Nous avons finalement atteint le Rio Claro et il n’était pas avenant ! Il était marron et le courant était extrêmement fort ! Il était hors de question que je traverse ce fleuve ! Mais pour eux, il était hors de question que je n’aille pas avec eux. J’étais morte de trouille ! Orlando a accroché mon sac de photo autour de son cou, Placido a pris mon sac à dos sous le bras, et chacun d'eux m’a pris par la main. Le niveau de l'eau m’arrivait à la taille. (Il peut parfois aller jusqu’au cou !) Le courant était si fort que chaque fois que je levais le pied pour prendre un pas, ma jambe s’envolait. Sans mes deux piliers qui me tenaient d’une poignée de fer, j'aurais été emportée par le fleuve vers la mer, avalée par une lame de fond et finalement dévorée par les requins. Ce n’était pas une bonne façon de terminer mes vacances. Qu’est-ce que j'aurais fait sans eux ? Je me serais sans doute assise dans la boue, sous la pluie torrentielle, en pleurant toute la nuit. Encore une fois mes anges gardiens étaient là. Orlando m’a plus tard admis qu'il avait eu peur que l'un d'eux ne trébuche, nous aurions été tous les trois emportés.

 

Il restait encore de la marche à faire et Orlando a voulait retourner sur la plage. J'ai préféré prendre le raccourci qui était inondé et boueux. J’avais peur des serpents mais Placido m'a rassuré, les serpents préfèrent les endroits secs. Nous sommes finalement arrivés à La Sirena à 15 heures, en avance. On m’a encore dit que j'étais très courageuse d’avoir osé faire cette randonnée toute seule. Je me suis rendue compte que je n’avais aucune idée du danger du Rio Claro (ou peut-être que je ne voulais pas l’admettre). J'ai remercié le ciel de mon arrivée saine et sauve et j’ai écouté la pluie toute la nuit, ne pouvant à peine dormir à cause de l’adrénaline dans mon corps.

 

On a frappé à ma porte à 6h25, juste avant le petit déjeuner. C'était le chef du camp. Il m'a dit qu’un groupe partait dans quelques minutes et qu’il me conseillait vivement de les accompagner parce que si je restais une nuit de plus comme prévu, je devrais marcher toute seule et ce n'était pas une bonne idée. Je n'étais pas sûre si mon corps était prêt à refaire les vingt kilomètres et les sentiers allaient sûrement être inondés. J’ai tout de même décidé de profiter du groupe, d'autant plus qu'il allait être accompagné d'un garde forestier. J'ai avalé mon petit déjeuner en vitesse, rapidement remballé mes affaires et rattrapé le groupe qui était déjà parti. Ils m'attendaient de l'autre côté du Rio Claro. Encore une fois deux piliers m'ont aidé à le traverser, heureusement. La pluie s'est finalement arrêtée et le sol a rapidement absorbé l'eau. Les sentiers n'étaient finalement pas trop marécageux. Nous sommes arrivés à l'entrée de parc de La Leona, une distance de dix-sept kilomètres, en quatre heures et demie ! Le garde forestier nous a fait marcher d’un pas rapide et nous avons pris des raccourcis. Nous n'avons pas vraiment vu d'animaux, juste des coatis, mais à chaque crique mes pieds savouraient la fraîcheur et en profitaient pour se nettoyer de la gadoue. Il restait encore trois kilomètres à faire jusqu’à l'arrêt du bus à Carate mais malheureusement, la pluie avait détruit un des ponts sur la route. Nous allions devoir marcher encore sept kilomètres, deux heures supplémentaires ! Nous avons pris une pause pour manger et nous avons lentement repris notre route. Nous sommes arrivés à 3 heures avec une heure d’avance. Mais le bus n'est jamais venu...

 

À 16h30 il y avait douze personnes (y compris un mineur d’or illégal costaricain) qui attendaient le colectivo pour Puerto Jiménez. À 17h15 une voiture est venue de Carate pour déposer quelqu'un. Nous leur avons demandés conseil et finalement le mineur a promis de revenir avec une solution. Ils ont fini par envoyer un message par radio à un hôtel qui a appelé la compagnie du colectivo pour venir nous chercher. Selon le mineur, ils devraient arriver entre 19h et 19h30. La nuit tombait, il y avait des douzaines de lucioles qui interprétaient un ballet aérien, les grenouilles chantaient des sérénades et nous étions inquiets de la possibilité de fâcheuses visites : les serpents. Nous avons marché jusqu’au prochain Rio (rivière), deux kilomètres de plus, juste pour tuer le temps. Et nous avons attendu, longtemps. J'ai raconté des blagues, d'autres ont partagé le reste de leur nourriture, et nous avons considéré la possibilité de retourner à Carate, par la route inondée, pour rester dans un hôtel à $100 la nuit, ce que personne ne pouvait se permettre. À 20h nous perdions l'espoir, et l'hôtel semblait être une meilleure option que dormir au milieu de la route avec les moustiques et sous les précipitations. Le colectivo est finalement arrivé ! Il en était à son troisième voyage aller-retour de la journée (quatre heures chaque allée), je n'a pas tout à fait compris pourquoi il n’est jamais venu à 16h, mais nous étions bien contents qui soit là.

 

Sur la route de Puerto Jiménez nous avons crevé un pneu. Le pauvre conducteur était à quatre pattes, dans la boue, essayant de changer le pneu, ce qui a retardé encore plus notre arrivée. Pour alors presque toute la ville était endormie, y compris l'hôtel où j'avais laissé mes sacs. Un américain expatrié qui a entendu notre situation sur la radio nous a aidés à trouver un restaurant et un hôtel. Après un repas et une douche froide, je me suis endormie sans tarder.

 

Je suis restée un jour à Puerto Jiménez parce que mon vol à San José partait le surlendemain. J'ai discuté avec la propriétaire chinoise du restaurant où j'ai déjeuné et elle m'a donné quelques conseils sur la façon de faire un bon Ceviche (poisson cru mariné dans du jus de citron). Puis le guide qui m'avait aidé à organiser mon voyage à Corcovado est venu prendre une bière et nous avons eu une longue conversation sur le Costa Rica. Il m’a expliqué comment il y a environ cinquante ans, le gouvernement avait décidé de protéger la forêt tropicale et les animaux, surtout les espèces en danger d’extinction. Ils ont enseigné à leurs citoyens un écosystème ce qui les a menés à une conscience de la beauté de leur pays. Le tourisme n'était pas vraiment le but mais aujourd'hui, l'appui des visiteurs étrangers les aide à continuer leur projet. J'ai trouvé le concept très encourageant, celui de suivre ses convictions sans espérer de résultats spécifiques, parce qu’on ne sait pas jamais ce qui peut arriver. Un autre point intéressant est que l’Etat a décidé de dépenser son argent dans l’éducation au lieu de l’armée. En conséquence, le taux d'instruction au Costa Rica est de près de 96%, le plus élevé en Amérique latine.

 

Ensuite je suis allée me promener sur le port tranquille au bord de la plage. J’étais émerveillée par les conceptions solaires dans le sable qui avaient été dessinées par les crabes. J'ai trouvé un restaurant sympa qui me semblait idéal pour un dîner d'adieu avec le groupe qui avait marché avec moi depuis La Sirena, il s’appelait La Sirenita (la petite sirène). Ils ont servi les meilleures fèves du Costa Rica, et mon boeuf avait une saveur italienne, avec des olives. Naturellement, la pluie s’est joint a nous pour le dîner. Au retour, on a eu droit à un autre concert de grenouilles. Qu’est-ce qu’elles vont me manquer ! Heureusement, j'ai acheté un CD avec les sons de la nature du Costa Rica ; les grenouilles ont évidemment été invitées à l'enregistrement.

 

Le matin suivant, je devais me pointer à l'aéroport quinze minutes avant le vol avec seulement un numéro de confirmation en tant que billet. J'ai regardé l’avion de SANSA qui n’avait qu’un moteur atterrir un comme un albatros, il s’efforçait maladroitement de ne pas tomber sur le nez. J'avais réservé mon vol sur Nature Air dont les avions avaient deux moteurs et moins d’accidents. Le vol à San Jose était la plupart du temps dans les nuages, les quelques éclaircies m'ont permis un dernier aperçu de ce beau pays. J’avais l’intention d’aller à Puerto Viejo du côté des Caraïbes mais il y avait une alerte jaune là-bas en raison des inondations et ils ont dû évacuer quelques parties du secteur. J'avais quelques heures de libre à San Jose avant de prendre ma correspondance pour rentrer. Les chauffeurs de taxi ont essayé de m’arnaquer. Ils voulaient US$20 pour aller au centre ville. Je leur ai dit que je prendrais l'autobus. Guillermo a finalement négocié à $5. Dans la voiture il a encore essayé de me proposer une "bonne affaire". Il aurait attendu pendant que je visitais les musées et puis me conduirait à l'autre aéroport pour mon prochain vol. Je lui ais bien fait comprendre que le bus me convenait tout a fait. Se rendant compte qu'il n'allait pas faire des affaires avec moi, il a finalement proposé de me déposer à un restaurant très agréable, traditionnel et bon marché pour prendre le petit déjeuner. De là je pouvait visiter deux musées et il m’a même montré où prendre l'autobus pour aller à l'aéroport. Finalement il s’est montré décent.

 

Mon voyage au Costa Rica n'était pas exactement des vacances ; c’était plutôt une aventure. Je ne conseillerais pas aux visiteurs d'avoir des projets fixes quand ils y vont, surtout pendant la saison des pluies. Mais sans la pluie, Costa Rica ne serait pas rica (riche).

 

 

Bonus:  Iguana   Iguana 2   Tarantula

 

 

  


Home Page | 




Starfield Technologies, Inc.